Il est temps de réclamer du pouvoir d’agir, ce fameux « empowerment ». Ce n’est pas un simple mot à la mode pour verdir un programme, c’est le processus par lequel une communauté prend le contrôle des événements qui la concernent. Développer ce pouvoir, c'est passer du statut de citoyen-consommateur passif à celui de sujet capable, acteur de son propre changement.
Pourquoi les municipales sont-elles le moment idéal ? Parce que la commune est la « cellule de base » de notre société. C’est ici que le principe de subsidiarité prend tout son sens : la responsabilité d'une action publique doit revenir à l'entité la plus proche de ceux qu'elle concerne. C’est au niveau local que votre droit de gérer les affaires publiques peut s'exercer le plus directement.
Mais attention au « civic-washing ». Une réunion publique où trois retraités écoutent un adjoint lire un diaporama indigeste dans une salle mal éclairée, c’est le « niveau zéro » de la participation. Nous appelons à une démocratie réellement participative : celle où les décisions importantes font l’objet d’une discussion préalable avec tous. On ne veut plus seulement être consultés sur la couleur des géraniums, on veut de la codécision et de la coconstruction sur les projets structurants.
L'outil qui fait ses preuves, c’est le budget participatif. Son slogan est simple : « Real decisions about real money ». Le principe ? « Vous décidez, nous réalisons ». En seulement quatre ans, le nombre de ces budgets a été multiplié par treize en France, preuve que les citoyens ont faim d'agir concrètement.
Alors, pour ces prochaines élections, ne vous contentez pas de promesses floues. Exigez des candidats qu’ils donnent du sens à l’action citoyenne. Transformons nos villes en laboratoires de coopération permanente. La démocratie est en chantier, et c’est à nous de tenir les truelles. Voir Approches Coopératives n° 11, juillet 2021.
Dominique Bénard
Photo : Allison Saeng, pour Unsplash+