Approches Coopératives Publications et formation sur les méthodes coopératives

Colonies de vacances 2026 : défendons le droit aux vacances pour tous

49.3 : l’État grappille sur le dos des enfants pendant que les millionnaires encaissent

Le 21/02/2026 0

C’est une nouvelle qui passe presque inaperçue sous le rouleau compresseur du 49.3. Pour boucler le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026, le gouvernement a choisi la méthode forte, effaçant d'un trait de plume des avancées sociales pourtant essentielles. Parmi les victimes collatérales de cette procédure d'exception : le droit aux vacances des enfants les plus fragiles.

L'année 2026 devait être une fête : elle marque les 150 ans des colonies de vacances et les 90 ans des congés payés. Au lieu d'un sursaut politique, nous assistons à un recul majeur. Alors que la santé mentale est déclarée grande cause nationale, le gouvernement supprime des temps de respiration et de socialisation pourtant essentiels pour l'équilibre des jeunes.

Des « économies » dérisoires et cruelles

Le constat est amer. Un amendement de 10 millions d’euros, pourtant voté par les Sénateurs pour soutenir les départs en colonies de vacances, a été purement et simplement supprimé. Plus grave encore, le dispositif des « Colos apprenantes », créé en 2020, disparaît totalement.

Pour l'État, il s'agit d'économiser 36,8 millions d'euros. Une somme dérisoire à l’échelle du budget national, mais une perte immense pour les 80 000 enfants — issus de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), en situation de handicap ou résidant dans des zones rurales et prioritaires — qui en bénéficiaient chaque année. Aujourd'hui, 2 enfants sur 5 ne partent toujours pas en vacances en France.

Deux poids, deux mesures : Une incohérence nationale

Comment justifier ces "économies de bouts de chandelle" sur l’éducation et la santé mentale des jeunes alors que, parallèlement, plus de 13 000 millionnaires échappent à l'impôt (voir : France Culture) ? Ce contraste est insupportable. On sacrifie l'épanouissement des plus précaires au nom d'une trajectoire budgétaire rigide, tout en laissant filer des recettes fiscales colossales qui pourraient financer largement ces programmes sociaux.

Le droit aux vacances ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire. Nous refusons une société où l'on gratte quelques millions sur le bonheur des enfants tout en fermant les yeux sur l'évasion fiscale des plus riches. Il est temps d'exiger une politique publique ambitieuse, financée et pérenne.

Dès juillet 2025 des collectifs nationaux d'associations se sont mobilisés 

Lors de la prise de connaissance du Projet de loi de finances, ces mêmes collectifs ont adressés une lettre ouverte au Premier Ministre dans laquelle ils disaient notamment que "Les enfants sont notre avenir, ils ne doivent pas être les victimes des erreurs passées".

Force est de constater que ces appels sont rester lettre morte et que "Priver les enfants de vacances, c'est porter atteindre à leur droit".

Vous trouverez sur le lien suivant le communiqué de presse intitulé "Quand le 49.3 sacrifie les vacances des enfants ", publié ce jour par plusieurs de ces collectifs que sont la Jeunesse au Plein Air (JPA) , Hexopée, CNAJEP, Resocolo, Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air (UNAT) et le Scoutisme Français.

 

Roland Daval et Dominique Bénard

Photo de Vitolda Klein sur Unsplash

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam