Les Nations Unies viennent de publier le Rapport 2026 sur le financement du développement durable (FSDR) qui souligne une réalité brutale : la fragmentation géopolitique actuelle paralyse les efforts pour résoudre les problèmes mondiaux les plus critiques. Trois exemples montrent combien les approches basées sur la compétition ou le repli sur soi atteignent leurs limites.
1. L’échec du « chacun pour soi » face à la pauvreté
Le rapport de l'ONU avertit que les tendances de financement reculent pour la première fois depuis des décennies. Les pays développés, en réduisant leur aide internationale pour se concentrer sur leurs propres défis internes ou leur armement, exacerbent la détresse sociale dans les pays du Sud. Si un pays s'isole, les problèmes sociaux (migrations forcées, instabilité politique) finissent par franchir ses frontières. La coopération n'est plus une option morale, mais une nécessité de stabilité globale.
2. L’approche « One Health » : L'interdépendance biologique
Le sommet One Health Summit qui s'est tenu cette semaine (notamment avec le lancement de l'Observatoire mondial des microbiomes) illustre que la santé humaine ne peut être traitée en silo. On ne peut régler le problème social de la santé publique sans coopérer sur la protection de l'environnement et de la santé animale. Une bactérie résistante ou un virus ne connaît pas de frontière ; seule une approche coopérative de surveillance et de recherche permet une réponse efficace.
3. Le paradoxe de l'énergie et des inégalités
Le nouveau choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient (notamment les perturbations dans le détroit d'Ormuz) frappe de plein fouet les économies les plus fragiles, aggravant la précarité énergétique. Plutôt que de se livrer à une course aux ressources pour sécuriser ses propres stocks, une gestion coopérative des marchés de l'énergie et une accélération commune de la transition vers les renouvelables sont les seuls moyens d'éviter une explosion de la pauvreté énergétique à l'échelle mondiale.
En résumé
L'actualité montre que les problèmes sociaux les plus urgents — qu'il s'agisse de la faim, de l'accès aux soins ou du coût de la vie — sont systémiques. Chaque fois qu'un pays choisit la compétition ou la fragmentation, il affaiblit le filet de sécurité global, rendant le problème plus coûteux et plus difficile à résoudre à long terme.
Dominique Bénard