Dans mon quotidien régional, cette annonce a retenu ma lecture :
« Participez à une nuit blanche de l'écriture et vivez une expérience poétique hors norme sur le parvis de la gare. Sous l'impulsion du poète Tristan Blumel, le public est invité à remplir d'immenses rouleaux de papier. Mots, gestes ou images : tout est permis pour cette création collective géante. Les œuvres seront ensuite exposées et parcourues dès le lendemain après-midi. »
Les projets artistiques collaboratifs constituent une approche coopérative qui mérite d’être valorisée. Des artistes de toutes disciplines réunis pour créer ensemble en impliquant le public éclairent ainsi un temps tout un groupe ou un quartier.
Rappelons-nous les petites chorales de l’Armée du Salut qui regroupaient les passants autour de chants de Noël et apportaient un supplément d’âme à la course aux cadeaux… Dans bien des lieux où nous courons, une chorale d’amateurs pourrait parfois attirer les passants un moment dans le plaisir de chanter un standard bien connu. De telles initiatives de coopération vise bien sûr la joie partagé plutôt que l’excellence musicale.
Dans le même esprit, des groupes de danse ou des chorégraphes peuvent concevoir des performances qui intègrent des danses variées aptes à impliquer le public. Les Bretons et le folklore celtique partagent ainsi souvent leurs prestations avec les « amateurs ».
Des compagnies de théâtre impliquent les membres d’une communauté dans la création et la représentation de scènes ou de pièces, sur des thèmes qui les touchent, soit par l’approche du théâtre d’improvisation, soit en recréant collectivement leur « vécu ». Le théâtre de rue est une vieille forme dramatique enrichissante pour une communauté.
Les approches coopératives peuvent susciter des collaborations artistiques mettant en valeurs des créateurs désireux de partage et des citoyens en quête de sens : fresques murales sur l’histoire locale, ateliers d’artistes locaux faisant participer du public, etc. La Fête de la Musique prouve que des artistes patentés, des amateurs et du public peuvent coopérer dans des moments festifs.
Enfin les moyens de communication actuels facilitent les flash mobs, ces mobilisations éclairs, ces rassemblements soudains et fugitifs qui permettent de se regrouper dans un lieu significatif entre gens qui ne se connaissent peut-être pas mais partagent un même intérêt. Les flash mobs sont une façon de répondre à la solitude des foules anonymes ! Et c’est souvent un geste coopératif très parlant…
Approches Coopératives sera heureux de faire connaître des actions de coopération créative. Dites-le nous. Merci.
Michel SEYRAT