L’ère de la coopération internationale en péril
Il fut un temps où le monde croyait à la force du multilatéralisme. Les scientifiques du GIEC, les conférences sur le climat, les accords internationaux tels que l’Accord de Paris en 2015 et les agences des Nations Unies ont incarné cette foi dans la raison collective. Ces institutions, imparfaites mais nécessaires, ont permis d’envisager des solutions durables. Pourtant aujourd’hui, ils sont affaiblis par ceux qui devraient les défendre.
Poutine, en envahissant l’Ukraine, a piétiné le droit international et la souveraineté d’un état ; il nie la réalité même de ce pays dans son désir de reconstruire une grande Russie autocratique. De l’autre côté de l’Atlantique, Trump a mis les États-Unis sur un chemin tout aussi troublant : retrait de l’accord de Paris, abandon de 64 organisations internationales, démantèlement de l’USAID — l’agence qui a aidé les pays du Sud à se développer—et une augmentation vertigineuse du budget militaire, de 1 000 à 1 500 milliards de dollars. Ces décisions ne sont pas des actes isolés ; elles révèlent une seule logique : celle de l’hubris, où la pensée à court terme et l’intérêt national étroit priment sur le bien commun.
L’Europe n’est pas épargnée
Le virus de l’hubris se propage également à travers le Vieux Continent. Les partis d’extrême droite, alimentés par une rhétorique simpliste et identitaire, gagnent du terrain partout en Europe. En France, les prochaines élections présidentielles pourraient marquer la fin de décennies de démocratie libérale si la vigilance faiblit. Ces mouvements, en rejetant la coopération européenne et internationale, en niant les réalités scientifiques et en attisant la peur, menacent de plonger le continent dans le chaos.
Comment résister ?
Face à cette dérive, comment pouvons-nous restaurer le pouvoir de la raison ? Tout d’abord, en rappelant inlassablement à tous que les défis mondiaux ne seront résolus qu’avec des réponses mondiales. Les citoyens doivent exiger que leurs dirigeants renforcent les institutions internationales plutôt que de les affaiblir. Ensuite, en soutenant les médias indépendants, les scientifiques, la société civile