Mais si le problème n’était pas là où on le cherche ?
Et si la difficulté ne venait pas tant de l’inclusion elle-même, que de la manière dont elle est mise en œuvre : encore trop souvent individuelle, là où elle devrait être profondément collective ?
Car inclure, ce n’est pas “faire plus”, ni “faire mieux” seul dans sa classe. C’est faire autrement, avec d’autres. C’est partager l’analyse des situations, croiser les regards, construire des réponses à plusieurs. Bref, coopérer.
Or, dans de nombreuses écoles, cette coopération reste fragile. Faute de temps, d’espaces dédiés, ou simplement d’habitudes installées. Chacun fait au mieux, dans son coin — et finit parfois par porter bien plus que sa part.
Travailler en équipe peut souvent apaiser le climat
Les tensions, la fatigue, le sentiment d’impuissance ne sont alors pas des échecs individuels. Ce sont souvent les symptômes d’un collectif qui peine à exister pleinement.
Et pourtant, dès que des espaces de coopération se mettent en place, quelque chose change. Les situations deviennent plus lisibles. Les réponses plus ajustées. Les adultes moins seuls. Et, presque mécaniquement, le climat s’apaise.
L’école inclusive ne demande pas des enseignants héroïques. Elle demande des collectifs solides.
L’inclusion n’est pas un défi individuel : c’est une affaire d’équipe.
Francis JEANDRA