Sans boussole
On aurait pu croire que la « mondialisation » aurait réuni l’humanité avec ses milliards de dollars, de colis, de barils, de touristes et d’autos allant et venant, mais en fait la conscience universelle avance en somnambule sans la boussole de lois préservant le bien commun des prédateurs avides.
Jadis d’immenses défilés pour imposer la paix ont jalonné le siècle, nous défilons pour nos salaires, nos privilèges, nos choix idéologiques, mais aujourd’hui nous manquons d’une voix assez forte pour nous appeler à descendre en foule sur les places en hurlant :
"PAIX, PAIX, PAIX"
Armistice
Grands du monde, s’il-vous-plaît, oubliez vos bouffées paranoïaques, sautez dans vos gros avions, occupez les salons feutrés des modernes tours de Babel pour ne parler enfin que du seul progrès qui vaille : la PAIX, la vouloir, la chercher, la vanter, la creuser, la bâtir, la soutenir… Sinon, finalement, à quoi sert ce fameux progrès ? À produire plus d'armes, à protéger des tas d'or de plus en plus hauts, à étaler des baumes lénifiants sur les plaies les plus sanguinolentes, à polluer toujours davantage, à rehausser encore et encore les murs des frontières ? Dirigeants de ce monde, réveillez-vous, réveillez-nous, le cauchemar devient insupportable.
Prophétie
Où sont passés les pacifistes, les grandes consciences, les citoyens du monde, les artistes engagés, se demande le vieux bonhomme que je suis ? Je ne vois plus que les enfants comme prophètes, ceux qui meurent sans avoir pu vivre, ceux qui survivent dans la poussière, ceux qui jouent dans la cour d'école, ceux qui nous embrassent matin et soir, sans cesse ils essaient de nous demander un autre avenir.
Dès que nous cessons nos jeux cruels d'adultes, que nous leur donnons un peu de paix, ils jouent ensemble, blancs ou noirs, riches ou pauvres, religieux ou rien du tout, ils sont des frères dans la famille humaine qui jouent pour grandir et rêver d’un autre monde. Quand cesserons-nous de tout empoisonner du venin de la violence ?
Sans doute ne suis-je qu'un vieux fou qui rêve éveillé… Mais, sacré nom de nom, que tous les fous rêveurs, de tous âges, envahissent en foule toutes les places et les rues en hurlant sans fin
PAIX ! PAIX ! PAIX !
Michel SEYRAT
Photo : © MEGHDAD MADADI / TASNIM NEWS / AFP