L’éducation est un bien collectif inaliénable
« La mère de toutes les réformes, c’est l’éducation pour un développement économique vertueux, un développement de l’esprit critique.
Une population éduquée permettra également d’avoir une natalité mieux maîtrisée et désirée, d’être mieux armés pour faire aux problématiques de santé, d’éviter les pièges de l’obscurantisme, pour, in fine, viser et vivre un monde en paix ».
L’éducation est un bien collectif inaliénable.
Un retard scolaire hérité de la colonisation
Et pourtant, en Afrique francophone subsaharienne, il convient de constater encore un retard historique des systèmes scolaires hérités de la colonisation qui sont toujours confrontés à deux défis majeurs :
- Sur les 244 millions d’enfants de 6 à 18 ans non scolarisés dans le monde, plus de 40%, soit 98 millions d’entre eux, vivent en Afrique subsaharienne.
- C’est en Afrique subsaharienne que la pauvreté des apprentissages est au niveau le plus élevé dans le monde soit 86,3% (Banque Mondiale, UNESCO et autres) :
- La pauvreté des apprentissages est définie comme le fait d’être incapable de lire et de comprendre un texte simple à l’âge de 10 ans.
- L’indicateur combine la part des enfants d’âge primaire non scolarisés, qui sont définis comme privés d’éducation, et la proportion d’élèves en dessous d’un niveau minimum de compétence en lecture.
Les initiatives de la société civile
En complément à l’action des gouvernements nationaux et des investissements privés, des organisations de la société civile africaines et non-africaines développent des initiatives pour contribuer à relever ces deux défis majeurs.
Dans plusieurs pays africains, ces initiatives se sont traduites sur le terrain par des projets-pilotes d’écoles bilingues, langue première de l’enfant et langue officielle, prenant en charge les enfants exclus des systèmes scolaires.
Des gouvernements africains ont, sur la base des résultats positifs de ces projets-pilotes, lancé des expérimentations de ce modèle d’enseignement bilingue.
Les enfants sont en effet très majoritairement scolarisés dans une langue qu’ils ne parlent pas chez eux, davantage en Afrique que dans toute autre région du monde.
Cela a pour effet de ralentir, voire d’empêcher l’acquisition précoce des compétences en lecture et en écriture.
Une méthode efficace : le bilinguisme
L’utilisation de la première langue ou de la langue maternelle d’un enfant pendant six à huit ans, parallèlement à l’introduction d’une seconde langue, d’abord en tant que matière enseignée puis comme langue d’enseignement parallèle, est généralement considérée comme la méthode la plus efficace, malgré les difficultés considérables de mise en œuvre pratique
(UNESCO 2022 – Né(e) pour apprendre – Pleins feux sur l’achèvement de l’éducation de base et les apprentissages fondamentaux en Afrique).
De nombreuses expériences pilotes ont déjà réalisées depuis parfois plusieurs décennies dans divers pays d’Afrique francophone, et les évaluations de cet enseignement bilingue ont démontré qu’il donne de meilleurs résultats d’apprentissage que l’enseignement monolingue classique en français.
Mais malgré ces constats, aucun pays ne s’est engagé dans une généralisation.
Les obstacles sont en effet nombreux, à la fois politiques, financiers, techniques :
- adhésion des populations,
- choix des langues,
- formation des enseignants,
- réalisation et mise à disposition des ressources pédagogiques,
- coût très élevé de ce passage à l’échelle.
Approches Coopératives a consacré un numéro spécial à cette problématique, un hors série réalisé par le Réseau Education Pour Tous en Afrique (REPTA), le Groupement Education sans Frontières (GREF) et ELAN Afrique (Francophonie).
Retrouvez cet Hors Série dans nos pages Numéros Spéciaux : Education bilingue en Afrique