La verticale du pouvoir

Verticale du pouvoir

Dès son premier mandat présidentiel, Vladimir Poutine s’est attaché à s’emparer de tous les leviers de pouvoir.

Il met au pas les oligarques, ces patrons, souvent des anciens dirigeants du Parti Communiste, qui ont racheté les entreprises soviétiques dans des conditions troubles ou pour une bouchée de pain après la chute de l'Union soviétique. Ils sont sommés de ne pas se mêler de politique. Les rassemblements de l'opposition sont régulièrement interdits par le pouvoir ; ses leaders sont emprisonnés, comme Gary Kasparov ou Alexei Navalny, voire assassinés comme Boris Nemtsov. Les opposants ne sont pas autorisés à se présenter aux élections que Poutine ou son parti remportent toujours avec des scores impressionnants (plus de 70% des votes). Le Parlement est réduit à une simple chambre d’enregistrement des décisions. Poutine décide que les présidents des divers républiques de la Fédération seront désormais désignés par lui-même et non plus élus. Les associations de citoyens qui le gênent sont désignées comme agents de l’étranger et menacés de dissolution. Selon Reporters sans Frontières, les médias russes sont globalement sous contrôle de l'État et subissent l'auto-censure.

Après son deuxième mandat de Président, comme la Constitution l'empêche d'exercer un troisième mandat consécutif, il propose à Dmitri Medvedev, le vice-président du gouvernement, de devenir chef de l'État. Lui-même prend le poste de premier ministre. En 2012, pour la nouvelle présidentielle, les rôles s'inversent de nouveau. Poutine redevient Président tandis que Medvedev reprend le rôle de premier ministre. Entre temps, le mandat présidentiel a été rallongé de quatre à six ans. Résultat : Poutine est au pouvoir depuis 20 ans et contrôle tous les leviers. Il a désigné son système la « verticale exécutive».

Ce système en fait rêver plus d’un en Occident. Éric Zemmour a récemment déclaré qu’il rêvait d’un Poutine pour la France; nul doute qu’il se verrait bien dans ce rôle.

Mais beaucoup de dirigeants français, au niveau des entreprises, des collectivités locales, des partis politiques ou même des associations, s’efforcent aussi de mettre en place une « verticale exécutive ». Nous ne sommes pas au niveau de la Russie, mais dans la mentalité française, le pouvoir exécutif compte plus que le pouvoir délibératif, législatif ou judiciaire. Au niveau de la Constitution de la Ve République, le déséquilibre entre l’exécutif et le législatif est flagrant. On se méfie des débats contradictoires, on s’efforce de limiter les contre-pouvoirs, la centralisation est toujours prégnante.

Nous avons maintenant sous les yeux le résultat de 20 ans de « verticale exécutive » en Russie. Dans un délire de toute puissance, Vladimir Poutine, devenu incontrôlable, s’est lancé dans une guerre d’agression contre un État voisin. « Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument » a dit avec justesse Lord Acton.

Dans le système scolaire depuis l’école primaire jusqu’aux grandes écoles et universités, comme dans les mouvements de jeunesse, et les associations sportives, les jeunes doivent être formés aux compétences sociales, à la délibération, à l’esprit d’équipe et à la coopération. Dans une société démocratique, le leadership doit être partagé. Il en va de notre civilisation.

justice sociale

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